Tu connais ce moment où tu decouvres que ton mec te trompe, et au lieu de t'effondrer dans un pot de glace, tu tombes sur un milliardaire canon avec douze ans de plus que toi et un sens de l'humour a tomber ? Non, moi non plus ça ne m'est jamais arrive dans la vraie vie. Mais c'est exactement ce qui arrive a Skyla dans Sorry. Not Sorry d'Emily James, et honnement, j'ai devore ce bouquin avec un sourire idiot colle au visage du début à la fin. Ce roman m'a chopee des les premières pages avec son melange d'humour mordant, de tension sexuelle explosive et de drame familial qui vient te rappeler que même dans une romance, la vie n'est pas un conte de fees. Laisse-moi te raconter pourquoi ce livre merite absolument une place sur ta liseuse.
De quoi ça parle
Skyla bosse dans les ressources humaines d'un hôtel de luxe a Santa Barbara. Elle a une vie plutôt rangee, un job correct et un petit ami, Mike, qui ne fait pas vraiment des etincelles au lit mais qui a au moins le merite d'être la. Enfin, c'est ce qu'elle croit. Parce que le jour où elle decouvre que Mike la trompe avec une nouvelle employee de l'hôtel, son petit monde bien ordonne s'ecroule d'un coup. Et pas discretement, non. L'humiliation est publique, brutale, le genre de trahison qui te donne envie de disparaître dans un trou de souris pendant au moins six mois.
Mais Skyla n'est pas du genre a rester au fond du trou. Elle releve la tête, secoue la poussière de sa dignité malmenee et decide que la meilleure revanche, c'est de vivre sa vie sans regarder en arriere. Et c'est la que le destin decide de lui envoyer Max. Max, c'est le genre de mec qu'on ne croise pas tous les jours. Père celibataire, milliardaire, douze ans de plus qu'elle, et une presence qui remplit une piece entière rien qu'en y entrant. Le genre de type qui te fait oublier que Mike à un jour existe. Le genre de type qui te fait aussi questionner tous tes choix amoureux precedents.
Leur relation se construit progressivement, entre piques humoristiques et regards charges d'electricite. Emily James ne se precipite pas. Elle prend le temps de poser les fondations d'une histoire ou l'attirance physique est indéniable mais ou les sentiments doivent se frayer un chemin à travers les bagages émotionnels de chacun. Max à un enfant, une ex, un passe complique. Skyla traine sa trahison et ses blessures d'estime de soi. Et c'est précisément parce que rien n'est simple que leur rapprochement est aussi délicieux a lire.
L'intrigue ne se limite pas à la romance. Il y a du drame familial, des révélations inattendues, des moments ou tu tournes les pages a toute vitesse parce que tu as besoin de savoir ce qui va se passer. Le décor californien apporte une touche de glamour sans que l'histoire ne devienne superficielle. Santa Barbara, ses hôtels de luxe, ses soirées, tout ça forme un ecrin parfait pour cette histoire de seconde chance amoureuse.
Les personnages
Skyla est le genre d'héroïne a laquelle on s'attache immédiatement. Elle n'est ni parfaite ni stereotypee. C'est une femme qui travaille, qui a des ambitions professionnelles, et qui se retrouve devastee par une trahison qu'elle n'a absolument pas vue venir. Ce que j'ai adore chez elle, c'est sa capacité a transformer sa douleur en force. Elle ne passe pas trois cents pages a pleurer sur son sort. Elle encaisse le coup, se releve et avance, même quand le sol tremble encore sous ses pieds. Son sens de l'humour est un mecanisme de défense absolument savoureux a lire, et ses répliques font partie des meilleurs moments du livre.
Max, quant à lui, est un love interest comme on les aime. Oui, c'est un milliardaire, et oui, il a tout du male alpha protecteur. Mais Emily James evite le piège du personnage masculin unidimensionnel. Max est aussi un père, et cette facette de sa personnalite lui donne une profondeur qui manque souvent aux héros de romance contemporaine. Il est attentionne, drôle à sa manière, et surtout il respecte Skyla. Il ne la sauve pas, il l'accompagne. Il y a une différence énorme entre les deux, et c'est cette nuance qui rend leur dynamique si agreable.
La différence d'âge entre eux n'est jamais traitee comme un obstacle insurmontable ni comme un détail balaye sous le tapis. Elle est la, elle fait partie de leur réalité, et elle apporte une tension supplementaire à leur relation. Max à l'assurance de ses quarante ans et quelques, Skyla à l'énergie et la spontaneite de la fin de la vingtaine. Ce contraste cree des scènes ou la chimie entre eux est palpable, presque tangible. Il y a quelque chose de profondement attirant dans la façon dont Max regarde Skyla, comme s'il voyait en elle quelque chose qu'elle-même n'avait pas encore decouvert. Et Skyla, de son cote, le pousse hors de sa zone de confort de milliardaire trop sérieux avec une insolence qui le desarme complètement.
Ce qu'on a aimé
Le premier point fort de ce roman, c'est incontestablement l'humour. Emily James à un sens de la repartie qui rend chaque dialogue jubilatoire. Les échanges entre Skyla et ses amies sont truculents, et certaines punchlines meritent d'être encadrees. Quand une des amies de Skyla lance a propos de Mike : "Je ne suis pas surprise que Mike n'ait pas pu t'offrir un petit orgasme. Il pense probablement que le point G a ete developpe par Google", j'ai eclate de rire toute seule dans mon canape. Ce genre de réplique, ça te reste en tête et ça resume parfaitement le ton du livre. On rit, on se moque gentiment, et on se sent entre copines.
Le deuxième point fort, c'est la construction de la tension entre Skyla et Max. Emily James maîtrise l'art du slow burn sans que ça devienne frustrant. Chaque rencontre entre eux est chargee d'une electricite croissante. La scène ou Max achete une robe pour Skyla et ou ils se rendent ensemble à une fête de fiancailles est un moment charniere du roman. C'est la que la relation bascule du flirt leger a quelque chose de plus profond, de plus dangereux. On sent que les deux personnages luttent contre leur attirance tout en sachant pertinemment qu'ils vont y ceder. Et quand Skyla lui dit "Tu matais clairement mes fesses", le ton est donne. Leur alchimie est électrique et naturelle à la fois.
Le troisième élément qui m'a convaincue, c'est le drame familial qui s'invite dans l'histoire. Le dejeuner avec le père de Skyla est une scène absolument bouleversante. On y apprend que la mère de Skyla est revenue plusieurs fois, mais qu'elle a ete tenue à l'ecart par son propre père. Cette révélation donne une profondeur inattendue au personnage de Skyla et explique beaucoup de ses mecanismes de défense. On comprend soudain pourquoi elle a du mal a faire confiance, pourquoi elle se protege derrière l'humour, pourquoi la trahison de Mike l'a touchee aussi profondement. Tout prend sens. Emily James prouve ici qu'elle sait écrire autre chose que des scènes légères. Elle sait toucher la ou ça fait mal, et c'est ce melange de rires et de larmes qui fait la richesse de ce roman.
Le spice level
Parlons de ce qui t'interesse vraiment. Le spice level de Sorry. Not Sorry se situe a 3 sur 5, et c'est un 3 très bien calibre. On n'est pas dans la dark romance ultra explicite, mais on est loin de la romance sage ou les personnages s'embrassent chastement derrière une porte fermee. Les scènes intimes entre Skyla et Max sont sensuelles, bien ecrites et surtout, elles servent l'histoire. Elles ne sont pas la juste pour cocher une case. Chaque rapprochement physique correspond à un tournant émotionnel dans leur relation.
Max sait ce qu'il fait, et il prend son temps. L'assurance qui vient avec la maturite se ressent dans l'intimité, et c'est franchement agreable a lire. Quand il murmure "Si mouillee pour moi, bebe", on comprend que la différence d'âge, dans ce cas précis, est tout sauf un problème. Les scènes montent en intensité au fil du roman, comme un thermometre qu'on surveille du coin de l'oeil en sachant très bien qu'il va grimper. C'est chaud, c'est fun, et ça reste toujours élégant. Le genre de spice qui te donne envie de relire certains passages. Plusieurs fois.
Le petit bémol
Si je dois être honnête, et c'est le deal entre nous, il y a un point qui m'à un peu genee. Le bien-être de l'enfant de Max est parfois un peu trop mis de cote dans le récit. Max est presente comme un père attentionne, et je n'en doute pas une seconde, mais dans les faits, l'enfant sert davantage de ressort narratif que de personnage a part entière. On le voit apparaître quand l'intrigue en a besoin et disparaître quand les scènes d'adultes reprennent le dessus. Ça manque un peu de coherence. Quand tu ecris un roman sur un père celibataire, j'attends que la parentalite soit un vrai enjeu, pas un accessoire. Ça n'a pas gache ma lecture, mais ça m'a laissee sur ma faim sur cet aspect précis.
Verdict final
Sorry. Not Sorry est un roman divertissant, drôle et assez chaud pour maintenir ton attention de la première à la dernière page. Ce n'est pas le livre qui va r��volutionner le genre de la romance, soyons claires. Mais c'est exactement le genre de lecture qu'on devore un dimanche pluvieux sous un plaid avec un the brûlant, le genre de livre qui te fait sourire betement dans le metro et que tu finis par recommander a toutes tes copines. Si tu aimes les héroïnes mordantes qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, les milliardaires qui sont aussi de vrais etres humains et les histoires ou l'humour cohabite avec le drame, fonce sans hesiter. Je le recommande a toutes celles qui ont besoin d'un feel-good avec une dose de piquant, a celles qui veulent rire autant qu'elles veulent rougir, et a celles qui cherchent une histoire d'amour ou la femme n'a pas besoin d'être sauvee pour trouver son bonheur. Note finale : 5 sur 5, parce que parfois un livre n'a pas besoin d'être parfait pour être exactement ce dont on avait besoin.
Si tu as aimé, tu vas adorer
Si Sorry. Not Sorry t'a conquise, je te conseille de te jeter sur The Hating Game de Sally Thorne. On y retrouve le même humour acere dans les dialogues, la même tension sexuelle insoutenable entre les deux protagonistes et cette façon géniale de transformer la confrontation en foreplay émotionnel. C'est un classique du genre pour une bonne raison, et si tu ne l'as pas encore lu, je t'envie presque de pouvoir le découvrir pour la première fois. Dans un registre un peu différent, si c'est le cote milliardaire protecteur et la dynamique de pouvoir qui t'ont plu, pense a Pretty Woman. Ce n'est pas un roman mais un film qui partage cet ADN de conte de fees moderne ou la différence de classe et d'âge cree une alchimie unique et intemporelle. Et si tu veux rester dans l'univers d'Emily James, explore ses autres titres. Son style se reconnait immédiatement, sa plume à cette capacité rare de te faire rire et soupirer dans la même page, et une fois que tu y as goute, tu en veux toujours plus.